4 juin 2019

Le verre: un exemple concret de production durable


Le verre fait indéniablement partie des matériaux qui s’inscrivent parfaitement dans l’économie circulaire, notamment car il est recyclable à 100 % et parce que les Français ont largement pris l’habitude de laisser leurs bouteilles et bocaux en verre dans les bennes qui leur sont destinés. Mais l’économie circulaire ne se limite pas à la réutilisation et à la valorisation des déchets pour en faire de nouveaux produits ! Effectivement, si l’on s’intéresse à la définition plus large de ce qu’est l’économie circulaire, on comprend qu’il s’agit en réalité d’un concept qui vise à réduire l’impact d’une production, quelle qu’elle soit, sur l’environnement. Et là encore, dans l’industrie du verre d'emballage, les bonnes pratiques sont acquises depuis longtemps et ne cessent de se développer pour répondre aux exigences environnementales et aux besoins des consommateurs.

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La réutilisation des déchets : concept de base de l’économie circulaire dans l’industrie verrière

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Le recyclage, un processus maîtrisé pour réutiliser le verre

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Afin de produire de façon plus durable, l’une des solutions les plus efficaces reste de réintroduire les déchets dans le cycle de fabrication pour en faire de nouveaux produits. Et la totalité du verre récolté grâce au dépôt dans les bennes à verre est d’ailleurs réutilisée. Mais concrètement, quel parcours effectue le verre entre votre achat et sa réinsertion sur le marché une fois que vous l’avez jeté ?

Plusieurs étapes sont indispensables pour parvenir à ce résultat :

-   Les consommateurs achètent des produits emballés dans du verre (bouteille de sirop, pot de moutarde...). Ce verre est composé de matières premières (comme le sable, le calcaire et le carbonate de sodium) et de calcin qui provient de verre déjà recyclé.

-   Après consommation du produit, les consommateurs déposent le verre usagé dans les bennes disposées partout en France.

-   Des camions viennent régulièrement collecter le contenu de ces bennes pour l’apporter jusqu’aux usines de tri et de traitement, afin d’extraire les matériaux non recyclables.

-   Le verre est ensuite transporté vers des centres de calibrage, où il devient du calcin.

-  Le calcin est ensuite intégré dans les fours : après sa fusion et le soufflage du verre, de nouveaux contenants sortent de la verrerie et peuvent être utilisés comme n’importe quel autre emballage en verre qui aurait été fabriqué uniquement à l’aide de matières premières.

Une fois que le calcin a été utilisé pour réaliser des bouteilles neuves, il peut à nouveau être recyclé. Ainsi, cela permet d’éviter l’extraction de ressources non renouvelables (1 tonne de calcin recyclé équivaut à une économie de 1,2 tonne de matières premières), qui a un impact non négligeable sur notre environnement et la santé de la planète.

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Favoriser l’économie circulaire avec un système de consigne

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En complément de ce processus de recyclage, certaines entreprises pratiquent également le système de consigne. Il consiste simplement à appliquer un coût supplémentaire lors de l’achat d’un produit conditionné dans un produit en verre, qui sera restitué si le consommateur rapporte ce contenant en verre en bon état une fois qu’il n’en a plus l’utilité. Après collecte, ces bocaux et bouteilles en verre sont transportés jusqu’aux usines pour être nettoyés puis remplis de nouveau.


Cette pratique, très commune dans de nombreux pays d’Europe, reste encore peu appliquée en France, car le système national de consigne a été abandonné en 1974. Pourtant, elle s’intègre parfaitement dans l’économie circulaire. En effet, grâce à sa résistance, le verre peut être réutilisé plusieurs dizaines de fois dès lors qu'il est conçu pour, évitant ainsi l’utilisation de matières premières. On estime également que la consigne engendre une émission de CO2 réduite par rapport au recyclage, car ce dernier implique plusieurs étapes énergivores, comme la fusion du verre par exemple. Toutefois, pour que le verre consigné soit réellement plus bénéfique d’un point de vue environnemental et économique, il est essentiel de privilégier les circuits courts.

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Produire mieux en gérant les ressources utiles à la fabrication du verre

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L’impact zéro sur l’environnement semble aujourd’hui être un objectif peu raisonnable. Cependant, en mettant en place une gestion efficace de l’eau, de l’électricité et des matières premières pour la production de bouteilles et autres récipients en verre, il est possible de réduire largement les potentiels effets néfastes.

Effectivement, si l’on se réfère à la définition de l’Ademe, on comprend que l’économie circulaire et le développement durable qui en découle ne se limitent pas à la valorisation des déchets. Elle doit ainsi intégrer « une exploitation efficace et durable des ressources » et une conception écologique des produits.
Si cela passe par le recyclage, qui permet de réduire la consommation d’énergie, l’émission de CO2 et le prélèvement des ressources naturelles, d’autres pratiques dans l’industrie verrière permettent aussi de passer à une production plus propre et respectueuse de l’environnement.

Dans l’industrie du verre, l’énergie utilisée pour alimenter les fours et l’eau sont les principales ressources utiles à la production. C’est pourquoi diverses mesures sont prises pour réduire leur consommation ou passer à des énergies renouvelables :

  • Optimisation des fours grâce à une meilleure isolation, à des réglages plus précis et à l’intégration de nouvelles technologies, afin qu’ils soient moins consommateurs d'énergie.
  • Utilisation de gaz naturel et d’électricité en complément ou en remplacement du fuel pour limiter les rejets de CO2.
  • Traitement et intégration d’un maximum de calcin pour remplacer une partie du sable, du carbonate de sodium et du carbonate de calcium, ce qui nécessite moins d’énergie. Avec 10 % de calcin en plus, l’économie d’énergie atteint 2,5 % et l’émission de CO2 est réduite de 5 %.
  • Réduction de l’utilisation d’eau grâce à des systèmes plus performants à divers stades de la production.
  • Conception de récipients en verre plus légers pour en réduire l’empreinte carbone, notamment lors du transport.
  • Gestion de la logistique dans le but de réduire les émissions de CO2 liées au transport grâce à l’approvisionnement et à la livraison sur des circuits courts (300 kilomètres parcourus en moyenne entre une verrerie et son client) et à une optimisation du nombre de produits par camion.

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La gestion des déchets lors de la production de verre

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Le verre usagé et déposé par les consommateurs dans les bennes à verre n’est pas le seul déchet à prendre en considération dans le secteur verrier. Tout au long de sa fabrication, le verre génère en effet des eaux souillées, des résidus, des fumées, etc.
Ces déchets sont réduits au maximum et traités ou recyclés dans la mesure du possible. Cela passe notamment par l’installation de centres de traitement au sein des usines verrières, le recyclage des fumées et des eaux pour les réintégrer dans le processus de fabrication, le recyclage des emballages plastiques et autres déchets liés à l’emballage des produits, la récupération et la réutilisation des palettes utiles à la livraison, etc.

À chaque étape de la production du verre, il est donc possible de réduire les impacts environnementaux des déchets qu’elle engendre, bien au-delà du simple geste de recyclage du verre en lui-même.

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Le consommateur, véritable acteur du développement de l’économie circulaire

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Si vous en doutiez encore, vous savez maintenant que les emballages en verre pour vos produits du quotidien permettent réellement de réduire votre impact environnemental ! Mais pour que tout ce processus fonctionne, il est essentiel que les consommateurs prennent véritablement conscience que les bouteilles et bocaux en verre sont non seulement écologiques, mais qu’ils leur apportent également de nombreux avantages:

  • Le contenant en verre préserve très bien les aliments sans en altérer le goût et sans risque pour la santé.
  • Il se réutilise en cuisine (achat en vrac, nouveau remplissage de bouteilles en verre, etc.), mais aussi pour les produits cosmétiques ou pour des éléments de décoration.
  • Grâce à sa transparence, le verre permet de reconnaître tout de suite ce qu’il contient et en quelle quantité.
  • Il peut prendre tous types de formes et des contenances très variées, afin de répondre à tous les besoins.
  • Le verre est  plus léger qu’auparavant (environ 30 % plus léger qu’il y a une vingtaine d’années) tout en conservant sa résistance.

Autant de raisons qui expliquent pourquoi le verre existe depuis des millénaires (-3500 avant JC), contrairement à d’autres matériaux…

D’autre part, pour que l’économie circulaire fonctionne, il est primordial que les consommateurs participent activement en recyclant correctement leurs récipients en verre. Les verriers, les pouvoirs publics et les distributeurs utilisant des contenants en verre ont pris l’habitude de sensibiliser les consommateurs au recyclage, voire de les récompenser à l’aide de la consigne. Certaines usines de production gèrent d’ailleurs elles-mêmes la collecte du verre usagé, dans les parties du monde où l’État ne prend pas encore tout le processus de recyclage à sa charge. Les fabricants profitent également de campagnes et de salons pour promouvoir cette pratique, faire comprendre son importance et mettre en avant les bonnes pratiques.


En effet, tous les verres ne sont pas bons à jeter à la benne ! Afin de rendre plus efficace le recyclage de ce matériau, il est donc important de savoir que seuls les emballages en verre peuvent être transformés en calcin. Au contraire, la vaisselle, les pots en céramique ou en porcelaine, les vitres, les écrans et bien d’autres déchets ne doivent pas être disposés dans les bennes à verre. Il est également important de penser à enlever les capsules, bouchons plastiques et autres couvercles quand vous jetez vos récipients en verre, car ces éléments ne peuvent pas être fondus pour être réutilisés dans le processus de fabrication de nouveau verre. 

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